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Publié par Charilogone Média

Les échanges au sein du G7 sont plus tendus que jamais, alors que Donald Trump a engagé un bras de fer avec ses alliés sur plusieurs sujets, notamment les échanges commerciaux.
 
 
Atlantico : La confrontation actuelle entre Donald Trump et les six autres gouvernements du G7 montre à quel point l'Europe semble désorientée face à son adversaire et partenaire. Assiste-t-on à une redéfinition de ce qu'est l'Occident ? L'héritage des "Alliés" datant de 1945 est-il bel et bien enterré ?
Edouard Husson : 70 ans, c’est la durée de vie de l’URSS. Et c’est la durée de vie de l’Alliance Atlantique - y compris l’Union Européenne - telle qu’elle est sortie de la reconstruction du monde après la Seconde Guerre mondiale. Il se produit effectivement, après deux générations, un “changement de paradigme” . Mais ce n’est pas seulement l’Europe qui est en jeu. C’est plus large. Partout est en train d’émerger la recherche d’un nouvel équilibre entre le local et le global. C’est un des résultats inattendus de la révolution de l’information: l’individu est capable de recevoir et d’utiliser une telle masse d’informations grâce au développement de la technologie numérique qu’il souhaite reprendre la maîtrise de son destin et décider plus par lui-même.
 
Les nations, aussi, renaissent, car la révolution numérique réhabilite, donne un avantage, même, aux tailles petites ou intermédiaires. La révolution de l’information souffle dans les voiles d’un retour au conservatisme, réponse assez naturelle aux excès du libéralisme, qui n’avait plus de contrepoids depuis la chute de l’URSS. En fait, la révolution numérique rend impossible la fermeture sur soi des sociétés et il y a beaucoup à espérer d’un conservatisme qui redécouvre le meilleur de l’héritage européen et occidental tout en faisant sa place à la circulation des informations, des idées, des projets, des savoir-faire que facilite la révolution du digital. Mais les dirigeants européens semblent comprendre inégalement la mutation en cours. La France et l’Allemagne s’accrochent au “libéralisme”, au risque de créer un antagonisme apparemment insurmontable avec les conservateurs que l’on trouve aussi bien aux USA que dans la périphérie européenne.
 
Cependant, le logiciel fédéraliste choisi par les leaders occidentaux pour se défendre dans la guerre commerciale engagée par Donald Trump semble être inadapté et périmé. Pourquoi ce déni européen ?
J’ai toujours eu du mal à comprendre l’obsession antiprotectionniste de nos dirigeants. Je pense qu’il s’agit largement d’une espèce d’adhésion religieuse au monde sans frontières, sans freins éthiques, sans régulation des flux financiers. Pourtant, quand on regarde bien, il y a une grande hypocrisie dans l’actuelle organisation l’économie mondiale. On a largement aboli les tarifs douaniers et, ce faisant, on a privé les Etats d’un mécanisme important de régulation pour compenser les égoïsmes respectifs. L’Allemagne s’est faite la championne du libre-échange mais elle a créé, avec la zone euro, une très forte protection de son économie aux dépens du reste du monde.....et de ses partenaires européens. L’OMC n’a pas empêché le Japon d’inventer des tas de manières de fermer son marché au monde extérieur. Les Etats-Unis ont utilisé leur puissance monétaire pour renforcer leur puissance, quelquefois dans un mépris total de la communauté internationale. Les dirigeants européens feraient donc mieux de reconnaître la vertu du débat déclenché par Trump. Ce n’est pas pour rien qu’il parle de “commerce juste”. La question des tarifs commerciaux ne devrait pas être une pomme de discorde mais l’occasion d’objectiver les relations économiques au sein du G7.
 
Sce: Atlantico

 

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