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Publié par RICHARD Djimasbé

RICHARD Djimasbé

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Introduction
Depuis les indépendances, le manque du savoir-faire et de spécialisation contraint le Tchad à gérer de manière inefficace ses ressources pétrolières, et sa situation demeure précaire en termes d'accès  à l'électricité, d'où la statistique de l’année 2019 démontre que environ 8.4 % de la population bénéficie de l'électricité [1]. Bien que le Tchad soit membre de l’Association des producteurs de pétrole africains (APPA) devenu APPO (Organisation des producteurs de pétrole africains) en 2018, comparativement aux régions environnantes, le taux de consommation d'électricité au niveau national était de 7.7 % en 2015 par rapport au Cameroun qui était de 58.5 % en 2015 [2]. 
Vraisemblablement, on sait que le Tchad n'est pas seulement géographiquement attractif pour les forces exogènes en termes de géopolitique, de guerres énergétiques et autres, mais le Tchad lui-même détient dans son sous-sol un énorme potentiel de sources d’énergie (pétrole, or, manganèse, d'uranium, diamants, etc.), sur laquelle les données des informations restent spéculatives pour plusieurs raisons [3,4]. Parmi les sources d’énergie citées ci-dessus, nous nous concentrerons sur le pétrole, précisément le bassin des “Erdis”. Durant les années d'indépendance, de nombreux gisements et bassins ont été découverts au Tchad, mais peu ont été révélés à cause de leur position hautement stratégique, des intérêts de forces exogènes. 
Cependant, les conflits Tchado-libyen pour le contrôle de la bande d'Aozou entre 1978 et 1987, ajouter à cela la mort subite et successive des respectifs défunts Idriss Deby Itno et Hissein Habré étant les derniers acteurs du conflit Tchado-libyen fait partie des enjeux géopolitiques. En effet cela doit nous mettre en garde concernant la future gestion de ces ressources. 
Le but de cet article est de révéler à l'État et à la population tchadienne sur la disposition de la gigantesque ressource schiste localisé au Nord du pays “Erdis”. La présence de ce schiste est découverte par une commission de mission géologique soviétique en 1972. 
Aussi cet article a pour but d'alerter le gouvernement tchadien de l’importance d'entreprendre une piste de réflexion commune sur la stratégie des négociations efficaces d'opérations de l’avenir de ce projet d’exploration et d’exploitation du pétrole de schiste. En d'autres termes, notre inquiétude se situe non à la divulgation de ce secret mais plutôt à l'échec des négociations du projet d’exploitation du pétrole du champ de Doba auxquelles le gouvernement tchadien a été confronté au cours des 20 dernières années. Dans cette piste de réflexion d’exploitation de ce schiste il est donc impératif cette fois d'éviter l’absurdité et la naïveté administrative du gouvernement tchadien.

Problématique et enjeux politique

L’ambition du Président du conseil militaire de transition (PCMT) d’entreprendre le projet d’exploration des gisements de pétrole des Erdis est une décision patriotique à saluer, mais elle est constitutionnellement illégitime, vu que le pays traverse une crise politique. Ce projet en principe doit être entrepris post élection dans le but d'éviter de soulèvements et certaines bisbilles sociales.

En ce qui concerne les négociations et la gestion intelligente et rationnelle de ressources pétrolière, nous allons examiner certaines données disponibles afin de pousser loin une réflexion sur l'avenir et la stabilité énergétique du Tchad. Également, nous allons élaborer une plateforme de solutions, suggestions pratiques et durables pour un Tchad autonome. Eu égard de la systématisation des événements et scénarios politiques déstabilisant le Tchad à tous les niveaux depuis son indépendance, nous supposons que cette revue impliquera plusieurs tchadiens de différents points de vue en matière de gestion des ressources pétrolière pour une synergie au développement.

Parmi les gisements du pétrole tchadiens, celui de Doba culminera d'ici 11 ans soit en 2033 [5]. Pourtant, le bassin d'Erdis qui fait l'objet de notre analyse et l’ambition du gouvernement tchadien de l’exploiter. Ce bassin, fait frontière avec la Libye et est géopolitiquement inquiétant, en termes de sécurité dans la sous-région lorsqu’il s’agira des opérations à venir. Comme nous l’avons énuméré ci-dessus, réussir les opérations d'exploration et d'exploitation du champ d'Erdis nécessite d'énorme effort et mobilisation et ce doit être une affaire publique.

Par conséquent, les erreurs commises lors des négociations du projet de la production du pétrole de Doba est une gabegie à éviter à tout prix. Il faut prévenir que les travaux avenir sur le champ d'Erdis vont engendrer inéluctablement des conflits et instabilité sécuritaire qui sont toujours causés par des forces exogènes. Il est donc capital que la population sache le processus complet de l’exploitation de ce schiste pour éviter toute forme de mercenariat et d’instrumentalisation.  

Comme à l’accoutumée nous savons tous que, la réalisation de ce projet sera une opportunité pour beaucoup de gouvernements et de puissances étrangères à en faire de cela un outil ou enjeu stratégique pour maintenir le Tchad sous leur dominance. À priori, les Tchadiens ont les droits d’être informés de cette ambition d’exploiter le schiste avant la mise en œuvre. Ainsi, l'élaboration d'une stratégie de négociation et de la protection de ses propres intérêts dans le cadre d'un partenariat bilatéral est le droit et le devoir du gouvernement tchadien. A noter également que le champ d'Erdis présente un profil extrêmement complexe, dont la société italienne AGIP-ENI n'a pas été à mesure de déterminer avec précision la quantité de pétrole piégée dans ce champ (à suivre) [6]. Pourtant, bien avant cela, en 1972, une mission géologique soviétique soupçonnait déjà au guide libyen et colonel Mouammar Kadhafi de l'énorme potentiel de pétrole et de manganèse et d'autres ressources dont dispose le Tchad, sur lequel le président Tambolbaye François lui-même avait peu d'informations.

En effet, ceci serait la principale raison du plan de Mouammar Kadhafi de contrôler la bande d'Aouzou par plusieurs stratégies. En vue d’éviter des conflits semblables à ceux déjà arrivés, en aucun cas le Tchad ne doit se précipiter dans les négociations de ce projet. Par contre le Tchad doit plutôt entreprendre des projets nationaux et chercher des partenaires de recherche et consultants ainsi que des partenaires bilatéraux avec des compagnies spécialisées en exploration tels que: ROSNEFT, GAZPROM, LUKOIL, TATNEFT et d'autres experts privés pour approfondir la réflexion pour avoir une compréhension claire des futures négociations. Ce qu'il faut retenir est que, même si le Tchad ne dispose actuellement pas d’infrastructures à la taille de ses ambitions et attentes, il est impératif que ce dernier se prépare avant d’aller en négociation afin d’éviter de ressembler à un agneau en déclin, mais plutôt à un partenaire potentiel.

Réserves de ressources pétrolières tchadiennes  

Le Tchad a un potentiel de gaz de schiste et de pétrole de schiste dans trois provinces pétrolières distinctes dans le bassin intracratonique du Termit (partie du plus grand bassin du Tchad) à l'ouest ; dans quatre bassins du système du Rift centrafricain de Bongor, Doba, Doseo et Salamat au sud, et dans le bassin «d'Erdis» (appelé bassin de Kufra en Libye) au nord du Tchad. Dans l'ensemble de ces six bassins, l'évaluation des ressources ne porte quantitativement que sur quatre de ces bassins - Termit, Bongor, Doba et Doseo [7].
 

Bassins de gaz de schiste et d'huile de schiste du Tchad.

Les bassins du pétrole et gaz de schiste ciblés
Dans cette partie, en dehors des bassins déjà connus et mis en exploitation, nous allons examiner subjectivement les gisements inédits  des réserves de pétrole et gaz de schiste au Tchad à savoir: bassin de Doseo, du Salamat, et d'Erdis (Kufra). 
Bassin de Doseo - Le bassin de Doseo, couvrant une superficie de 13600 m2, et est situé dans le sud du Tchad. La Zone de défaillance centrale africaine forme la frontière nord du bassin de Doseo et une série de défauts profonds forment sa limite sud RCA [8].
Le Bassin de Salamat - Le bassin de Salamat est le plus oriental des quatre bassins de systèmes centraux de la Rift.

Le bassin est subdivisé, et dont une partie se jete dans le territoire centrafricain et la partie tchadienne du bassin de Salamat est délimitée sur le nord par la Centre Afrique à l'ouest par le bassin de Doseo et à l'est et sud par le Tchad et le centre frontière au République centre africaine [9].
Bassin d’Erdis - Le bassin d’Erdis est un vaste bassin intra-cratonique situé dans le nord du Tchad. Le bassin s'étend vers le nord en Libye où il s'appelle le bassin de Kufra et au Soudan où il s'appelle le bassin de Mourdi. L'absence de schistes du Silurien inférieur dans les puits d'exploration du bassin d'Erdis forés par l'Azienda generale Italiana Petroli (AGIP) à la fin des années 1970 et au début des années 1980 suggère que cette zone peut avoir été déposée sous la forme d'un delta sableux au début des Silurien. En tant que telle, cette zone peut être la continuation vers l'ouest du Silurien inférieur sableux dans l'ouest de l'Égypte où le « schiste chaud » basal de Tannezuft est également absent [10]. 

Conclusions
⦁    Le bassin d’Erdis est géologiquement très complexe et géographiquement inquietant sur le plan sécuritaire. Ce bassin possède de gigantesque quantité de pétrole de schiste et l'intérêt de son exploitation est essentiel, vu la décroissance progressive de la production de Doba d’ici 2025. En tant que tel, il n’a pas été identifié de réserve du gaz de schiste dans le bassin des Erdis. De plus, en raison de la nature spéculative du dépôt de schiste, les évaluations quantitatives des ressources de schiste du bassin Erdis par AGIP – ENI n’ont pas été déterminées. Cependant, le projet de PCMT de relancer les activités d'exploration et d’exploitation est louable, mais il nécessite de longue réflexion et consensus national pour prédire de délais.
⦁    Le bassin de Salamat est géographiquement complexe, les  évaluations de ce bassin a été à moitié faite (exploration inachévé) du fait que la majeure partie de son potentiel est dans la partie sud-est du bassin, dans le Centre Afrique. Additionnellement, en raison de la majeure partie de ressource potentielle de l'huile de schiste et du gaz de schiste dans la salamat, les enquêtes n’ont pas pu quantifier le bassin de salamat en termes de potentiel en petrole. Par conséquent, ce bassin suscite de questions complexes dont la reprise de l’exploration nécessite assez de prudence. 

Conclusion générale
     Il est urgent de renforcer l'exploration et l'exploitation des ressources pétrolières du Tchad. Pourtant, les trois bassins pétroliers découverts inédits du Tchad nécessitent un achèvement urgent de l'exploration et de l'exploitation, comme les bassins de Salamat, Doseo et Erdis. Il faut noter que, ces trois bassins identifiés du point de vue de l'exploration et de l'exploitation pourraient donner lieu à des conflits politiques, économiques et militaires dans le nord et le sud-est du pays. Cependant, l’occupation géopolitique actuelle d’un certains partenaires potentiels peut contribuer à assurer la médiation des négociations, ainsi que la sécurité et la stabilité des activités prévues dans ce projet. Également, de nombreuses autres réserves de ressources pétrolières et gazières sont situées dans la moitié du sous-sol tchadien, principalement dans le sud du pays, telles que: Logone oriental et occidental, Tanjile, et Moyen-Chari. En claire, cette revue apporte de l’éssence au processus de négociation efficace et à la gestion des ressources pétrolières du Tchad. 
Les résultats attendus fourniront une base de soutien pour non seulement faire du gouvernement tchadien un partenaire potentiel face aux investisseurs, mais aussi construire une diplomatie forte entre le Tchad et d'autres partenaires. Notons qu’il y a une inévitable question de géopolitique et de géostratégie associée à ce projet, dont le Tchad pourrait inviter l’une des puissances, comme la Russie, à négocier effectivement et honnêtement un partenariat pour l'exploration et l'exploitation des bassins de Salamat, Erdis et Doséo.

Sources : Université Fédérale de Kazan (Russie)