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Publié par Charilogone Média

Voici l'intégralité de sa déclaration
" Il est question d’échanger avec vous sur « l’urgence d’intégrer les professionnels de l’éducation à la Fonction Publique : la professionnalisation des enseignements et la réanimation du système éducatif tchadien »

M. Djimrassem Thalès, enseignant chercheur et écrivain


D’une manière générale, la formation des enseignants est considérée comme le fondement du système pédagogique. 
Elle est à la base de l’enseignement de qualité  à tous les niveaux. Elle est la pierre angulaire de l’éducation de qualité. C’est pourquoi toutes les démarches qui visent à améliorer la qualité de l’éducation s’appuient nécessairement sur les enseignants. La formation permet aux enseignants de répondre aux problèmes, souvent complexes, qu’ils rencontrent dans leur classe.

Cette formation influence aussi la qualité de son enseignement et sur le rendement scolaire. La qualité de la formation et du perfectionnement des enseignants déterminera en grande partie la qualité de l’éducation des élèves. 
C’est en s’inscrivant dans le cadre de la professionnalisation des enseignements que les autorités avec l’appui des partenaires ont crée des Ecoles Normales d’Instituteurs Bilingues (ENIB), des Ecoles Normales Supérieures (ENS) et bien d’autres écoles professionnelles dans le domaine de l’éducation. 
Il est question de mettre à la disposition du système éducatif tchadien des enseignants bien formés et professionnels qui maîtrisent la préparation de la leçon, la programmation de l’enseignement, la pédagogie, la psychologie, l’éthique et la déontologie, la docimologie ou l’évaluation et tant d’autres disciplines de formation pédagogique.

Il faut relever aussi que les autorités ont consentis des moyens financiers et matériels très importants pour assurer la formation des lauréats des écoles professionnelles de l’éducation.
Cependant, après leur formation, ces lauréats des écoles professionnels de l’éducation sont abandonnés à leur triste sort par les autorités en charge de l’éducation nationale et de la Fonction Publique.  Ce que je relève, c’est le fait que les salles de classe du primaire ou secondaire sont tenues par les Maîtres Communautaires de niveau zero, par les titulaires du baccalauréat, du BEPC et autres enseignants au profil ambigu en lieu et place des professionnels de l’éducation formés pour un enseignement de qualité.
J’appuie mon intervention par les données contenues dans l’annuaire statistique de scolaire 2019-2020. L’annuaire statistique scolaire est un document conçu par le Ministère de l’Education Nationale et de la

Promotion civique.  Il ressort de l’annuaire que : 
1. A l’enseignement préscolaire, sur 746 éducateurs, 579 éducateurs sont formés et 167 non formés. 
A titre d’illustration, au niveau du province de Batha, il n’y a que 6 éducateurs formés, au Borkou, il y a trois éducateurs, tous non formés, à Hadjer Lamis, il y a 8 éducateurs, dont 5 sont non formés. Ces exemples sont légions. Il ressort de ce qui suit qu’un nombre d’éducateurs au niveau du primaire n’ont pas une formation afférente à l’éducation ou à la formation des enfants au niveau du  préscolaire.

2. Au primaire, la répartition donne 14.400 instituteurs. 28.267 sont les maîtres communautaires, soit 63, 3%. En milieu rural, il 83, 7% des maîtres communautaires. Il faut relever que les maîtres communautaires sont repartis en maîtres communautaires de niveau zero, de niveau 1 et de niveau 3.
3. A l’enseignement moyen, il y a des titulaires de baccalauréat, de BEPC qui enseignent dans les écoles. Et à l’enseignement secondaire, il y a aussi des titulaires de baccalauréat, du BEPC qui sont des titulaires de classe.  Les enseignants sans diplôme professionnel sont au nombre de 5.278.

Il ressort de ce qui suit qu’il se pose avec acuité la question des enseignants professionnels à l’intérieur du système éducatif tchadien. Dans les centres urbains, la situation relativement satisfaisante. Cependant, dans les centres sémi-urbain et ruraux, la situation est au-delà du critique. Le profil des enseignants est ambigu. Ce sont les titulaires du baccalauréat, du BEPC, des étudiants et des élèves renvoyés de l’université et des lycées qui tiennent les classes. 
Comment peut-on parler de la professionnalisation de l’enseignement et la réanimation du système éducatif tchadien dans ce contexte ?
La solution rapide et urgente consiste procéder à l’intégration des lauréats des écoles professionnelles de l’éducation et les déployer dans les circonscriptions pédagogiques. C’est l’unique solution qui permet de réanimer l’école tchadienne. Il y a de nombreux projet qui s’inscrivent dans le cadre de l’amélioration de la qualité de l’enseignement. 
Cependant, les résultats ne sont pas visibles. 
    C’est dans ce contexte que le Président du Conseil Militaire de Transition doit personnellement s’impliquer pour l’intégration urgente des lauréats des écoles professionnelles de l’éducation pour la réanimation du système éducation tchadien. De plus, l’option de concours doit être supprimée en faveur de l’intégration des lauréats qui  ont déjà déposé leur dossier à la Fonction Publique". 
Par T. O

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